Accueil > PROJETS >

Projet BIOINDICATEUR2 : Mise en avant d’indicateurs biologiques de caractérisation des sols

JPEG - 66 ko

Objectifs généraux

Les objectifs généraux de ce programme sont de fournir aux secteurs économiques et aux acteurs publics de nouveaux outils de surveillance, de caractérisation et d’évaluation des risques basés sur les propriétés biologiques du sol.


L’ADEME étant notamment missionnée sur la prévention de la pollution des sols, la gestion des sites et sols pollués et l’évaluation des impacts environnementaux liés aux retombées atmosphériques et à la gestion biologique des déchets, elle souhaite promouvoir le développement de bioindicateurs destinés à :

(a) la surveillance de la qualité des sols pour laquelle des bioindicateurs simples à mesurer, peu chers et répétables sont nécessaires. Actuellement, la mise en place au niveau européen de réseaux de surveillance3,4, de la qualité des sols (tels que le RMQS5 en France) repose essentiellement sur la mesure des propriétés physiques et chimiques des sols mais il est envisagé, à moyen et long terme, d’intégrer les propriétés biologiques lorsque des méthodes de mesure seront disponibles et validées.

Les réseaux de surveillance de la qualité des sols reposent notamment sur la mise en place de sites dits "légers", répartis sur un territoire suivant une maille donnée, sur lesquels des mesures simples sont répétées avec une périodicité établie (ex : tous les 10 ans).

(b) la caractérisation approfondie de l’état biologique des sols pour laquelle des techniques plus complexes pourront être mises en oeœuvre. Cette caractérisation aura notamment pour objectif d’évaluer les impacts environnementaux liés aux activités humaines et aux différentes techniques de gestion des sols.

Les bioindicateurs devront permettre de comprendre, d’appréhender et de prévoir les transformations ayant lieu dans l’écosystème. Ils devront notamment être en mesure de mettre en évidence les effets liés à la présence de polluants (éléments traces et/ou polluants organiques) quelle qu’en soit l’origine (industrielle, agricole, retombées atmosphériques), à la transformation physique et/ou chimique des sols (ex : compaction, modifications liées aux techniques culturales, acidification des sols par des retombées atmosphériques, gestion des matières organiques exogènes). Bien évidemment, certains de ces bioindicateurs ne pourront être utilisés en routine, ils seront alors destinés à des sites expérimentaux, des observatoires de recherche en environnement ou des sites de surveillance plus lourds.

(c) l’évaluation détaillée des risques pour les écosystèmes sur les sites pollués pour laquelle une méthodologie plus complète est nécessaire notamment afin de relier les effets observés à des niveaux d’exposition. En effet, l’évaluation des risques pour les écosystèmes est une approche encore difficile à conduire en raison des imprécisions qui existent au niveau de la démarche et d’une méconnaissance des effets observés jugés acceptables. Des étapes clés telles que la définition des couples « cible-polluant » et des paramètres d’exposition sont encore à préciser car les analyses chimiques classiques (teneur totale en polluants) ne sont pas suffisantes pour appréhender le comportement des polluants et leurs effets combinés sur les organismes terrestres. Il est donc nécessaire de développer des bioindicateurs d’accumulation et d’effets permettant notamment de rendre compte des interactions des polluants avec le milieu, de leurs biodisponibilités et de leurs transferts dans les chaînes trophiques. Les résultats obtenus par certains bioindicateurs pourront être utilisés dans des modèles de transferts (ex : modèles biogéochimiques, modèles de bioaccumulation).

Par ailleurs, certains bioindicateurs pourraient à terme compléter les outils nécessaires à la prise en compte de la préservation des ressources et des milieux naturels dans le cadre de la politique nationale de gestion des sites pollués.

Les besoins prioritaires identifiés par l’ADEME concernent les points (a) et (c) précédemment définis. Le point (b) fait appel à des investigations prospectives qui à plus long terme pourront aboutir à la définition de bioindicateurs intégrables dans les points (a) et (c).

Objectif de la seconde phase

L’objectif spécifique de la seconde phase du programme est de mettre en œuvre tous les outils biologiques sélectionnés sur les mêmes sites ateliers (site agricole, site forestier, site contaminé) et de valider leur utilisation en fonction de la problématique étudiée (surveillance, caractérisation biologique, étude de risques..).



Cette validation consistera à :

- 1. Calibrer l’outil c’est-à-dire graduer l’outil (connaître l’amplitude des réponses à la présence d’un toxique ou à une modification du sol telle que le tassement, le changement d’usage, l’acidification, etc ...)

- 2. Connaître la sensibilité de l’outil (distinguer les réponses liées aux variations naturelles des réponses liées à un toxique ou à une modification du sol).

- 3. Connaître les limites d’utilisation de ces outils (certains outils seront plus adaptés pour mettre en évidence un impact lié à la présence de polluants et d’autres à un changement d’usage)

- 4. Élaborer un premier référentiel permettant de faciliter l’interprétation des données

- 5. Juger de la possibilité d’utiliser des résultats issus de la biosurveillance des sols dans le cadre de la modélisation des transferts de contaminants et de l’évaluation des risques.

Les paramètres biologiques retenus suite à la première phase du programme seront ainsi mis en oeuvre sur les mêmes sites atelier afin de faciliter leur comparaison ultérieure par des traitements statistiques adaptés.

Plan

Biochem Env

Hébergée dans l’UMR ECOSYS, sur le centre INRA de Versailles-Grignon situé à 25 kms au Sud-ouest de Paris